C'est un proverbe météorologique local. Un peu comme "en avril ne te
découvre pas d'un fil"...
Tout ça pour dire qu'en février (et un peu aussi en mars) le temps est
supposé être bizarre, avec des alternances de chaud et de froid.
Je ne sais pas si c'est le réchauffement planétaire mais cette année février
n'a pas été particulièrement "loco". Il a été chaud! Anormalement
chaud. On a même atteint plusieurs fois les 28 degrés Celsius. Ca promet
pour avril et mai qui sont normalement les mois les plus chauds ici.
Habituellement février et mars sont aussi des mois très très venteux. Et qui
dit vent dit bien sur...cerfs-volants. A chaque carrefour et aux sorties
des écoles des vendeurs ambulants proposent pour une dizaine de pesos des
"papalotes"...
Cette année ils n'ont pas du faire leur beurre sur les cerfs-volants vu que,
jusqu'à présent, il n'y a pratiquement pas eu de vent. Et d'ailleurs ils ont
vite rangé leur "papalotes" qui ne se vendaient pas pour les
remplacer par...des mandarines.
Et bien le maire s'occupe activement de ces problèmes...
Il veut faire maigrir les policiers pour qu'ils soient plus sportifs, plus
agiles (et donc on imagine plus à même d'attraper les criminels). Et pour cela
il veut employer les grands moyens: offrir une prime de 100 pesos (un peu moins
de 10$) par kilo perdu [es]...Comme approximativement entre un tiers et un quart des
policiers municipaux ont un problème de poids et que certains ont jusqu'à plus
de 20 kilos à perdre...
Mais attendez ce n’est pas fini: cette non-information ayant bien sûr fait le
tour de la planète aussi vite que Speedy Gonzalez (d'ailleurs je remercie mon Papa et son Nouvelobs ) une association américaine de défense de la cause
animale PETA [en] (on ne rit pas...) a décidé d'envoyer à ces policiers à la diète
des légumes [es] et des aliments végétariens pour les aider dans leur perte de
poids...
C'est beau cette fraternité, cette volonté d'aider l'autre. Non, je ne suis même pas ironique. Je trouve seulement un peu dommage que ça soit souvent pour des causes de peu d'importance...
Au hasard de mes déambulations sur la toile j'ai découvert qu'on pouvait jouer
à être un "wet-back", un "mojado", un Mexicain (ou autre
Latino) en train d'essayer de franchir clandestinement la frontière texane ou
californienne.
Pas virtuellement, non, non. Réellement. De nuit, après une marche en
groupe de deux heures environ avec "passeurs" et garde-frontières prêts
à dégainer. Dans les ronces, la boue, en tentant d'éviter les projecteurs,
fatigué, la peur au ventre...
La "caminata nocturna" [es], pour environ 200 pesos par personne (20$
soit entre100 et 150 fois moins à peu près que le premier
"coyote"), vous permet de vous mettre pour quelques heures dans la
peau d'un "clandestino".
Bien sûr ici et là (lire "de part et d'autre de la frontière"...) des critiques
se sont élevées en affirmant qu'il s'agissait en fait d'un camp
d'entrainement, ce que démentent absolument les organisateurs. Ils plaident
qu'ils veulent plutôt entrainer les gens à rester en leur faisant prendre
conscience des dangers d'une telle expédition. Et offrent en même temps du
travail dans une région pauvre et fortement touchée par l'émigration. Ils
y voient aussi une sorte d'hommage à tous ceux qui ont franchi illégalement
cette frontière.
De toute façon, si on en croit l'article de Courrier International, (mais
vu qu’ils situent l'Etat de Durango à à peine 3 heures en voiture du DF, on
peut se poser des questions...) la clientèle de ce parc d'attraction d'un genre
un peu spécial n'est pas celle que je mettrais en premier sur la liste des
candidats à l'immigration illégale (des jeunes urbains, relativement
friqués et cultivés...).
Juste pour mémoire et même s'il est assez difficile de trouver des chiffres précis
et concordants on estime qu’une à deux personnes meurent chaque jour en tentant
de passer cette frontière...
Maintenant je ne sais pas si le Maroc ou un quelconque pays d'Afrique Noire
ont prévu d'ouvrir une version maritime de ce parc...
“"México
se aproxima peligrosamente a una -colombianización-, donde la mezcla del crimen
organizado y los grupos subversivos agreden constantemente a la sociedad y a
las instituciones" coincidieron ayer la diputada Lorena Martínez
Rodríguez y el senador Carlos Lozano de la Torre.”(source: hidrocalidodigital)
Sur le plan local on n'en est pas encore là mais depuis l'année dernière et l'
apparition très remarquée du crime organisé dans l'Etat ça ne s'est pas arrangé
du tout, bien au contraire. Plusieurs fusillades, des enlèvements (et une
tentative ratée où la victime qui était armée a tué ses ravisseurs...),
et récemment un narco qui s'est fait descendre en plein centre ville, à la
sortie d'un restau à 4h de l'après-midi...
On est vraiment devenu une "grande ville" maintenant avec centre
commercial et bandes rivales...
Aux élections municipales, l'été dernier, le PAN (pourtant super bien
implanté ici) s'est pris une raclée au profit du PRI et de ses arguments sécuritaires.
Bon article 33 oblige je ne m'étendrai pas plus sur le sujet (pourtant je vous promets qu'il y aurait à dire...)
Pas de “San
Valentino” ici mais un "Día del Amor y Amistad". Rassurez-vous c'est la même chose que
partout ailleurs sauf qu'en plus ça inclue les amis...
Donc vendeurs de roses et
ballons à tous les carrefours, chocolats à profusion, restaurants pris
d'assaut...
Dans les écoles nous échappons (ouf!) aux horribles "Valentine cards"
à la mode américaine. Non
aujourd'hui c'était journée sans uniforme (une vraie fête en soi pour les
enfants) et lunch partagé. C. a emporté une énorme boite remplie de jicama, carottes
et concombres en lamelles saupoudrés de jus de citron et de poudre de piment. De
la junk-food version healthy ;-)
E' lui a opté pour un melon découpé en cube et un paquet de chips.
Et cet après-midi l'école organise une disco-party pour les "sextos"
de 17 à 20 heures. Plutôt sympa.
Nous, nous ne fêtons pas la Saint Valentin mais ca ne m'empêche pas de vous souhaiter
à tous un "feliz Día del Amor y Amistad" !
Ce matin j'ai
assisté à l"Acto Civico" dans l'école de mes Schtroumpfs.
Il y en a un chaque lundi matin, à 8h quand il fait chaud (soit 9 mois sur 11),
à 10h les deux autres mois.
Nous avons donc écouté l'hymne national, salué le drapeau et écouté l'éphéméride
de la semaine. J'étais on ne peut plus fière parce qu'E' avait été choisi pour
diriger la cérémonie. Et ça m'a fait sourire de voir mon fils expliquer le plus
sérieusement du monde qu'il fallait rendre hommage à "nos" ancêtres
pour avoir fait de ce pays un grand pays et donner les ordres, sur un ton militaire, de salut à
"notre" drapeau.
Je me sens
toujours embarrassée quand je dois assister à cette cérémonie: je ne connais
pas vraiment les paroles de l'hymne national donc je ne chante pas. Je n'arrive
pas non plus à saluer le drapeau avec la main sous le cœur (El Saludo Civil a la Bandera Nacional) et
quant à répéter le serment au drapeau…
( Juramento a la Bandera
Bandera de México
Legado de nuestros héroes
Símbolo de la unidad
De nuestros padres y nuestros hermanos;
Te prometemos ser siempre fieles
A los principios de libertad y de justicia
Que hacen de nuestra Patria
Una nación independiente
Humana y generosa
A la que entregamos
nuestra existencia)
…avec le bras tendu alors là c'est vraiment au dessus de mes forces...Trop
semblable à un salut de sinistre mémoire pour moi, même si je sais que ça n’a
rien à voir du tout.
Je reste donc là,
comme une andouille, avec les bras le long du corps. Seule dans mon cas. Ou
alors je prends des photos ou je filme la scène...histoire de cacher ma gêne. Je
sais bien que "in Rome...." mais sans vouloir le moins du monde me
montrer irrespectueuse je considère que ce n'est pas "mon" drapeau.
J'en ai parlé avec mes amies étrangères: Ch., la Française qui vit au Mexique depuis presque 10 ans, chantonne l'hymne
mais ne salue pas non plus. J2 et K., les Allemandes, partagent mes réticences
concernant le bras levé....Il n'y avait que R., l'Américaine qui saluait "à
la mexicaine". Peut-être est-ce du au fait que les Américains,
contrairement aux Européens, ont aussi cette culture du salut et du serment au
drapeau.
Mes enfants n'ont pas ces états d'âme: aux Etats-Unis ils avaient la main sur
le cœur en récitant le "pledge" et ici ils participent activement et fièrement
(j'y reviendrai d'ailleurs....) à toutes ces cérémonies patriotiques. Et si C. connait vaguement "La Marseillaise", pour E' je crois bien que "son" hymne national c'est " Mexicanos, al gritto de guerra...". Citoyens du monde....
Personne ne m'a jamais fait la moindre remarque sur mon "non-salut"
donc j'ose espérer que personne n'est choqué par mon attitude mais vraiment à chaque
fois je me sens mal à l'aise, comme victime d’un petit choc culturel !
Au Mexique aussi les pages jaunes sont jaunes mais ne s'appellent pas les
"paginas amarillas" (oui, oui, j'ai bien sûr dit comme ça au début et
suscité ainsi l'hilarité générale...alors qu'en fait c'est bien la marque déposée que vous pouvez voir sur la photo précédente ou en tout petit en haut à droite sur la photo suivante) mais la "sección amarilla".
Comme Aguascalientes c'est plutôt petit, dans le même annuaire nous avons les
pages jaunes et les pages blanches pour tout l'Etat.
Je sais bien que
nos intérêts économiques sont fortement liés aux Etats-Unis mais de là à passer
ma soirée d'hier à regarder en direct live les résultats des primaires
américaines! Je me suis étonnée moi-même.
Evidemment je ne vote pas mais si je votais...Et bien je ne sais plus. Au
départ j'étais fortement pro-Hillary. Ce n’est pas que je n'aime pas Barack
mais je trouve qu'il manque un peu d'expérience. Un mandat comme VP ne lui
ferait pas de mal à mon humble avis.
Mais d'un autre coté j'ai l'impression qu'il pourrait être l'électrochoc qui
permettrait à ce pays de faire à nouveau rêver...
Enfin quoi qu'il en soit, même si c'est McCain, ça pourra difficilement être
pire que les huit dernières années!
Nous sommes sur l'autoroute entre León et
Aguascalientes, un dimanche de janvier
Tiens, des cyclistes...
Evidemment, vu de
France ça surprend mais ici ce n'est pas très rare.
Quand même aujourd'hui il y en a beaucoup....
Ah, voilà le gros
du peloton. C'est une course ou quoi?
Et bien non ce
n'est pas une course mais un pèlerinage...
Ces pèlerins d'un
genre spécial sont en route pour San Juan de los Lagos, le deuxième centre de pèlerinage
du Mexique (après, bien sûr, le sanctuaire dédié à la Vierge de Guadalupe). On vénère
ici une petite statue de la Vierge Marie qui aurait, au XVII siècle, rendue la
vie à une fillette [es.].
Chaque année des millions de personnes se rendent à San Juan de Los Lagos dans
l'Etat de Jalisco. Surtout en janvier et février car la fête officielle est le
jour de la Chandeleur. Je n’ai pas eu le temps de faire des photos mais à cette
époque surgissent de nouveaux panneaux de circulation du style: « attention pèlerins! » X., mon ancienne femme de ménage participait, avant qu'elle ne tombe dans le
stupre et la fornication ;-), chaque année à ce pèlerinage. A pied, depuis
Aguas sur un WE (ca fait quand même 100km...) et me racontait que certains parcouraient cette distance pieds-nus. Je ne sais pas ce qu'elle devient mais vus ses péchés,
la prochaine fois elle va devoir le faire à genoux, au moins!
En écrivant ce billet j'ai fait quelques recherches qui m'ont donné envie
d'aller faire un petit tour à San Juan de Los Lagos. Je savais qu'il y avait là
un lieu de pèlerinage mais bon comme ce n'est pas trop mon truc...Mais finalement
ça peut être intéressant d'aller voir cette statuette de plus près, un samedi où
nous n'avons rien à faire. Mais pas dans l'immédiat vu qu’en ce moment
c'est vraiment la pleine saison.