Je n'aurais jamais pensé qu'au XXIème siècle, au
Mexique, la varicelle puisse encore tuer. Et surtout pas parmi une population
riche et ayant accès aux soins. Il faut croire que si: ce matin je suis allée
présenter mes condoléances dans un funérarium (qui d'ailleurs devrait plutôt s'appeler
un fumérarium...) à une maman de mon club de sport dont la fillette de 5 ans
est morte cette nuit de cette maladie…
Naguère,
Aguascalientes était un trou: pas de boutiques chics, peu de centres
commerciaux. Il fallait aller jusqu'à León (à 120km) pour trouver un « shopping
mall » à l’américaine avec un Sears digne de ce nom ou un magasin Zara. Ce
que nous faisions donc 2 ou 3 fois par an, histoire de dépenser un peu ;-)
Depuis novembre dernier nous avons atteint le statut de vraie ville de province: nous avons
notre centre commercial de luxe qu'au moins tout l'Etat de Zacatecas nous
envie! Avec La*coste, Bos*s et toutes ces marques absolument indispensables sans
lesquelles mes camarades bourgeoises ne sauraient survivre...Et l'inévitable Zara!
Seulement le problème c'est que mes camarades bourgeoises et moi nous sommes ruées
dans les mêmes magasins en même temps (ou presque). Surtout pendant les
soldes... Vous voyez ou je veux en venir n'est-ce pas? Ben oui l'autre jour
j'ai croisé une amie qui a immédiatement identifié tous les vêtements que je
portais. Quand je vous parlais d'uniformes... C'est quand même déprimant! Et je ne peux même pas me consoler en me
disant que je m'achèterai désormais mes fringues en France: avec un euro aussi
fort je n'ai plus les moyens de faire dans l’originalité !
Ca fait plusieurs années que j'avais envie d'aller voir les papillons monarques, une des grandes attractions du Michoacán. C'est chose faite, même si j'ai été un peu déçue, je vous expliquerai pourquoi...
Chaque année des
millions de papillons monarques qui passent la saison chaude dans la région des
Grands Lacs entre le Canada et les Etats-Unis viennent passer l'hiver au
Mexique. Pas n’importe où au Mexique : dans une région très très limitée
géographiquement, à l'est de l’Etat du Michoacán. Ces zones sont maintenant protégées
et deux "sanctuaires" seulement peuvent se visiter.
Ils arrivent fin octobre, début novembre après un périple de 4500km à une
moyenne de 80 à 100 km par jour (mais parait il qu'ils peuvent parcourir
jusqu'a 120 km en une seule journée) et les femelles fécondées repartent fin
mars vers le nord. Arrivées à destination elles pondent leurs œufs et meurent tranquillement,
leur devoir accompli. Cette génération née au Canada ne voyagera pas mais se
contentera de se reproduire et leurs descendants (en fait il y a 4 générations
par an: 3 qui ne vivent environ qu'1 mois et demi et une seule qui migre et vivrait de 8 à 9 mois) entameront à leur tour la migration en automne.
On ne sait pas trop comment les papillons retrouvent exactement le lieu où ils
doivent se rendre au Mexique vu qu'aucun n'y est né. Sur le site des affiches
suggéraient que les papillons morts sur place l’année d’avant joueraient un rôle (d'où
l'interdiction de ramasser même une aile...) mais je n’ai rien trouvé sur internet qui étaye cette affirmation.
Il ne faut pas
croire que les papillons viennent particulièrement se mettre au chaud. Leur
zone refuge est située dans les montagnes, à une altitude moyenne de 3000 mètres.
Et en janvier ça
caille. Et c'est bien là le problème: selon les guides touristiques la meilleure
période pour observer les papillons monarques est janvier-février. Moi je suis
certaine maintenant que c'est beaucoup plus limité dans le temps: à mon avis
c'est plutôt fin février-mi mars. Parce qu'avant il fait trop froid et même s'il
y a du soleil (ce qui ce week-end n'était presque pas le cas...) les papillons
ne sortent pas et restent agglutinés aux branches...C'est quand même nettement
moins sympa que ce que l'on peut admirer sur les dépliants, avec des millions
de papillons voletant autours de badauds à l'air heureux !
Parce que nous ce qu'on a principalement vu c'est ça...
Oui, oui les gros amas
ce sont des milliers de papillons agglutinés sur les branches au point de les
faire plier....Et d'après ce que j'ai pu entendre, la plupart des personnes qui
étaient déjà venues n'avaient jamais réussi à voir ces maudits papillons voler....
Quand un rayon de soleil fait son apparition il y a bien un ou deux courageux
qui viennent faire leur intéressant et se laisser photographier...
...mais dans l'ensemble c'est quand même assez décevant.
A tel point que nous pensons retenter notre chance, beaucoup plus tard dans la
saison l'hiver prochain, si nous sommes encore dans le coin (enfin façon de parler, c'est quand même à plus de 550 km de chez nous!).
Parce que, malgré tout, c'est une ballade sympa: le premier sanctuaire "el Rosario",
le plus grand, permet de se taper une petite grimpette de 2 km à plus de 3000 mètres
d'altitudes. L'accès (payant) y est très réglementé et ne se fait qu'avec un
guide. Le notre était une petite mémé indienne qui nous a laissés sur place
dans la montée! Ensuite sur le lieu même on ne peut pas approcher des arbres où
sont refugiés les papillons et, théoriquement, on ne peut pas s'y attarder plus
d'une demi-heure.
Le deuxième site: le « santuario Sierra Chincua » est plus petit
mais je crois encore plus en altitude. L'accès peut se faire à cheval mais également
avec guide.
D'après ce que
j'ai compris, ces zones protégées sont des sortes de coopératives qui font
vivre jusqu'a 5000 personnes pour la plus grande. Il y a donc toute une
économie de gargottes, de boutiques de souvenirs etc.
Moi je n'ai rien contre, je trouve même ça plutôt sympa et ça nous a permis de déguster
la spécialité locale, l'atole aux mûres (qui fut particulièrement apprécié
vues les températures).
Mais nous avons remarqué que toutes ces gargottes n'utilisaient
que des poêles à bois...Or quand on sait que les papillons monarques sont en
danger à cause de la déforestation qui réduit chaque année leur territoire
d'hivernation, on peut se demander si les habitants de ce coin particulièrement pauvre du Mexique ne sont pas littéralement
en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis...
C'est vraiment
trop dure la vie d'une préado. Je ne m'en souvenais pas mais franchement je me
demande comment j'ai fait (et mes parents...) pour survivre.
Vous ne vous en rendez sûrement plus compte (ou alors pas encore...) mais il
faut être cooooooool.
Personne ne sait exactement ce qu'est la "coolitude". C'est une notion mal définie et pour le moins fluctuante. Mais selon C. elle comporte 4 degrés: les "super-cools", les "cools", les normaux (ou "pas-cools") et les "super-pas-cools" (encore appelés ici "rechas" j'imagine
de "rechazar": repousser, rejeter...).
- Les "super-cools" c'est bien simple ce sont ceux dont les parents, pour une raison
ou pour une autre, les laissent faire absolument tout ce qui leur plait. Ce sont dans
leur grande majorité des garçons . En général (mais C. connait au moins une exception) ce
sont des cancres. -Les "cools" ont une certaine aura sans cependant bénéficier des
libertés accordées aux "super-cools". -Les "pas-cools" sont ceux qui voudraient bien mais n'y arrivent pas. Ils sont les plus nombreux. Le troupeau quoi ;-) -Les "rechas": pas la peine de s'y attarder, leur cas est désespéré...Ils sont mal fringués, sortent peu etc.
Ma fille, après enquêtes auprès de ses copains (et même auprès de ses ennemies
qui sont, sur ce sujet, de bien meilleures conseillères) fait partie, à son
grand dam, des "pas-cool". Elle évite les "rechas", c'est déjà ça. Mais elle
aimerait bien (on la comprend) passer dans les "cools". Elle est lucide elle sait
que le groupe des "super-cools" est hors d'atteinte...rien que par le fait
que je ne la laisserai jamais chatter jusqu'à 11 heures du soir!
Mais il ne faut pas croire qu'on change de statut comme ça du jour au
lendemain sauf cas exceptionnel (T. est ainsi passé, après la mort de sa mère,
de "pas-cool" à "super-cool" en moins d'une semaine mais bon, si on peut on va éviter....).
Déjà il faut bien choisir ses copains. La meilleure amie de C. étant "pas-cool"
aussi (mais d'après C. c'est volontaire, elle refuse d'être cool, ce que ma fille ne comprend pas) ça ne l'aide pas. Heureusement pour C., elle est aussi très
copine avec une "super-cool" ce qui, sans doute, lui
a évité l'infâme R de "recha"...Curieusement elle pense que son statut de
"francesita" n'a pas beaucoup d'influence alors que pour son frère il fait tout. Ah
oui parce que le grand malheur de C. est que son frère lui est coooooool, voire
même "super-coooool" auprès de ces dames. Mais bon comme elle dit la "coolitude" en
segundo ça n'a rien à voir. Et comme en plus la "coolitude" de son frangin ne
lui rejaillit pas dessus....
Je sens que vous allez me poser la question, comme je lui ai demandé: "A quoi ça sert d'être cool?"
Si j'ai bien compris, mais je suis sûre que ce n'est pas le cas, à pas grand chose! A être
invitée à des fiestas cools (elle est allée à la plus cool des fiestas de l'année!),
à aller au cinéma avec des gens "cools" (d'accord la dernière fois c'était avec
des "rechas" mais finalement ça ne change rien à la qualité du film...) et surtout à être au courant de toutes les rumeurs et de tous les ragots.... Rigoureusement inutile donc totalement indispensable, of course.Vous me
direz que c'est normal que je ne comprenne rien parce que moi j'étais "super-pas-cool" à son âge (mais je me suis coolisée avec le temps ! )
Pour l'instant sa "non-coolitude" la perturbe un peu mais sans plus. Elle m'a dit
qu'elle allait tenter d'améliorer ça Déjà elle a dépensé tout son argent de poche en fringues cools et
a réussi à obtenir un téléphone portable pour Noel...Si avec ça elle ne change pas d'échelon d'ici la fin de l’année! ;-) Et puis il y a toujours la solution extrême: dégotter un boy-friend "super-cool". Mais quelque chose me dit que là, c'est son père qui ne va plus l'être, cool...
PS: Je précise que ce billet a reçu l'imprimatur de ma fille. C'est pas cool, ça?
Il n'y a pas que
les enfants qui ont des uniformes dans les écoles privées au Mexique: les mères
aussi!
Ces mères sont en général relativement minces. Normal, elles ne travaillent pas
(ou alors ont une boutique de fringues ou de bijoux) et font du sport tous les
matins (tennis, golf, aérobic ou équitation) pendant que les
"muchachas" s'occupent des tâches matérielles. Elles sont toujours
très élégantes avec vêtements de marques, bottes ou sandales à talons hauts et
bijoux de prix, super-bien peignées (elles se font un brushing tous les jours),
très (parfois trop) maquillées. Elles ont presque toutes des faux-ongles
démesurés et ornés de brillants. Et elles ne quittent jamais leurs lunettes de
soleil Pra*da, Cha*nel, Dolce et Gabban*a, D*ior etc. (des lunettes géantes
avec la marque la plus visible possible). Elles conduisent des petits SUV qui
ne sortent jamais des sentiers battus ou des gros vans.
La sortie de l'école c'est un défilé de mode permanent! Rien à voir avec la sortie de l'école au Texas où les mères n'hésitaient pas
à venir en short ou survet ébaché avec aux pieds des tongs ou des tennis!
Il est certain qu'après presque 5 ans passés dans cet environnement (et encore l’école
de mes enfants est bien moins pire sur ce point que les écoles catho), j'ai moi
aussi (à l'insu de mon plein gré????) adopté un peu l'uniforme...sauf que je
n'ai pas de faux-ongles (incompatibles avec le TKD) et que mes lunettes de
soleil sont plutôt du genre sport...
Et les jours où je me sens une âme de rebelle, je prends mon sac
baba-cool style retour des Indes et surtout je me fais des couettes! Cassage de
look assuré.
Le problème c'est que je suis sûre que, derrière mon dos, elles me comparent,
comme le fait ma fille qui ne supporte pas mes couettes, à la Chilindrina...
Je tousse. Je
n'ai pas de fièvre, pas de rhume mais je tousse. Surtout la nuit et donc ça m'empêche
de dormir. Comme ça fait déjà plusieurs nuits que je dors très mal (Dock, lui,
a pris ses cliques et ses claques et est sagement parti dans la chambre d'amis...)
l'humeur et l'état général commencent à s'en ressentir. Donc hier je suis allée
chez le médecin et lui ai expliqué mon problème. Apres m'avoir examinée et
constaté qu'effectivement je ne nécessitais pas d'antibiotiques il m'a prescrit
des pastilles fortement dosées en codéine. Il m'a bien précisé qu'elles
seraient sans doute assez difficiles à trouver et qu'il s'agissait d'une
substance contrôlée.
Je suis donc partie à la recherche de ces fameuses pastilles. Chou blanc à la
première pharmacie, la plus proche du cabinet médical. Je me dirige donc dans
une grande pharmacie faisant partie d'une chaine nationale et là, bingo, ils en
ont. On me demande une pièce d'identité et après quelques minutes la vendeuse
revient et me dit que le pharmacien ne peut pas me délivrer ces médicaments
parce qu'il y a une différence entre le nom sur l'ordonnance et celui sur mon
permis de conduire... Je n'avais pas remarqué mais dans mon nom de famille le
médecin a remplacé un "e" par un "a". Rien à faire...sinon retourner chez le médecin pour obtenir une autre ordonnance...
Je retourne donc au cabinet médical et explique mon problème à la standardiste.
Elle part avec l'ordonnance et mon permis de conduire et reviens quelques
minutes plus tard avec une nouvelle ordonnance, cette fois ci avec mon nom
complet comme sur le permis et...la même faute! La standardiste s'en aperçoit
et m'explique que le médecin étant en consultation elle ne peut décemment pas
retourner lui demander une troisième ordonnance. Elle s'empare donc d'un stylo
et, à l'aide d'un gros pâté, tente de transformer ce foutu "a" en
"e". Le résultat est, à mes yeux, moins que satisfaisant et je lui
fais remarquer. Elle me dit que je n'ai qu'à aller à la pharmacie la plus
proche où ils sont assez "coulants". Je lui réponds que j'y suis déjà
allée et qu'ils n'ont pas ce que je cherche...
Coup de chance, à ce moment là, le médecin sort de son cabinet pour aller
chercher je ne sais quoi dans un placard et la réceptionniste en profite pour
lui expliquer le problème. Il accepte de me refaire une ordonnance quand il aura
terminé avec son patient et me précise que j'ai un nom qui crée des
difficultés (c'est sûr qu'il a quand même 5 lettres...).
.
J'attends un bon 1/4 d'heure et, enfin munie de mon précieux sésame, retourne
à la pharmacie. Où mon ordonnance est épluchée sous toutes les coutures (je
suis certaine que le gribouillon de la standardiste ne serait jamais passé), ma
pièce d'identité photocopiée, mon ordonnance originale conservée en échange d'une copie
quasi illisible sur papier bible. J'ai du encore patienter 10
minutes que le pharmacien aille chercher, j'imagine dans un coffre-fort au 3ème
sous-sol, la boite de pastilles. Je m'attendais à une addition astronomique,
vous pensez, un produit aussi difficile à obtenir...Le total est de 35 pesos
(3$ 20)...c'est-à-dire presque 3 fois moins que l'antitussif en vente libre que
le médecin m'avait aussi recommandé!
C'était la première fois que je me lançais dans l'aventure de l'obtention d'un médicament dont l'usage peut être détourné... Je me demande si en France ou aux Etats-Unis c'est aussi contrôlé ou si j'ai juste été victime de la pesante bureaucratie mexicaine.
Et le pire c'est que cette nuit j'ai encore plus toussé et moins dormi que les
nuits précédentes!
Je ne m'intéresse
pas tellement du tout au golf mais en ce moment c'est difficile de
passer à côté de l'information: la "numéro un" au niveau mondial
est...mexicaine. C'est Lorena Ochoa. A 26 ans ça fait déjà un moment qu'elle était
parmi les meilleures mais maintenant c'est fait, elle est au top.
Dans un pays avec peu de champions internationaux, en particulier dans les
sports médiatiques (le TKD ou le cyclisme sur piste ça ne compte pas...), on n'a pas fini de la voir et de l'entendre la Lorena... Bien sûr dans les
publicités pour tous les produits de luxe associés à l'image haut de gamme du
golf (Rol*ex, Au*di, etc.)
Mais aussi dans des spots "institutionnels" comme celui pour
l'agriculture mexicaine (en jouant sur les mots "campo" de golf et
"campo" de champs) qui est sorti il y a peu: “Conozco cientos de
campos en el mundo…muchos de ellos me han dado grandes satisfacciones…, pero
del campo que más me siento orgullosa…es el campo mexicano: un campo ganador”.