Cet été j'étais tranquillement en train de feuilleter l'un des très nombreux magazines de cuisine de ma mère quand je suis tombée sur un article sur l'amarante, accompagné de recettes. J'ai tout de suite vu qu'il y avait là matière à un billet car ici de l'amarante il y en a dans tous les supermarchés et je me suis donc immédiatement appropriée le magazine ;-)
Sauf que...rentrée au Mexique j'ai dû déchanter: amarante il y a bien mais sous une forme déjà transformée, très différente apparemment de ce que l'on peut trouver en France dans les boutiques bio...

Mais commençons par le commencement...


(image prise )

L'amarante est une lointaine cousine du quinoa. Comme lui ce n'est pas vraiment une céréale mais on l'assimile pourtant à ce groupe d'aliment à cause de ses propriétés nutritionnelles et de ses possibilités d'utilisation. C'est typiquement une plante d'Amérique Latine: elle a été cultivée par les civilisations précolombiennes dès 5000 avant J.C. en particulier sur les plateaux andins et au Mexique. Elle faisait partie de l'alimentation de base des Aztèques (les feuilles se mangent aussi, un peu comme des épinards) avec le maïs et les haricots mais, suite à la colonisation espagnole elle a pratiquement disparue du Mexique. L'article n'en disait pas plus et comme je voulais savoir pourquoi la colonisation espagnole avait entrainé la disparition de l'amarante j'ai fait quelques recherches. En fait ce qui l'a perdue c'est son caractère  quasi sacré: les Aztèques tiraient de ses graines une farine qu’ils mélangeaient à du miel pour en faire des offrandes à leurs dieux. Déjà ça ça n'a pas dû trop plaire aux Espagnols, enfin surtout au clergé espagnol. Surtout qu'apparemment il leur arrivait fréquemment de rajouter au mélange amarante/miel du sang de leurs victimes sacrifiées...Ces rituels ont été interdits et l'amarante, malgré ses grandes qualités nutritionnelles a été complètement délaissée, du moins au Mexique.

Au Pérou sa culture a continué à très petite échelle jusqu'à ce qu'on (des Américains) se rende compte de sa richesse protéinique. Les cultures ont donc été relancées.

Le problème c'est que je ne peux pas vous donner de recettes ni vous dire si, une fois cuit ça ressemble à du quinoa parce qu'ici il est impossible de trouver de l'amarante en graines. On trouve partout de l'amarante soufflée que l'on peut ajouter à d'autres céréales, mélanger à un milkshake ou saupoudrer sur une salade de fruits ou un yaourt. On trouve aussi énormément de "barres d'amarante" (dulce de alegria), au chocolat ou non (mes enfants aiment bien) mais je n'ai pas vu d'amarante "à cuire".
Tout ce que je peux vous dire c'est que nature, l'amarante soufflée a une très forte parenté avec le polystyrène...


Dulce de alegria

J'ai bien mis mon fournisseur officiel (oui, oui j'me la joue Reine d'Angleterre si je veux ;-) ) de fruits secs en tous genres sur le coup mais pour le moment il a fait chou blanc. Pour se rattraper il m'a promis pour la semaine prochaine des pistaches décortiquées non salées mais, même si je suis ravie à l'idée de pouvoir peut-être faire une glace à la pistache dans un avenir pas trop lointain, ça ne remplace pas. Surtout que l'amarante aurait été un bon substitut au quinoa que les enfants et moi aimons beaucoup et qui est encore plus rare ici que les dites pistaches...

(Une petite parenthèse pour dire que la boutique de mon fournisseur officiel s'appelle "Desde que Dios amanece cereales son vida"

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...J'adore!)

Mais je ne désespère pas: il y a  à Aguas des fabricants d'amarante soufflée. Ils doivent bien s'approvisionner quelque part. Il faut juste que je trouve la bonne personne au bon moment  au bon endroit. Bref, ca risque de prendre du temps...