S'il y a un plat qui est associé dans
l'imaginaire collectif à l'adjectif "tex-mex" c'est bien le chili con
carne. Mais il faut savoir que s'il est bien tex, le chili n'est pas du tout
mex: vous n'en trouverez pas au sud de la frontière ou alors uniquement dans
les restos pour Texans égarés!
Le chili con carne est donc une des rares créations culinaires texanes: il aurait
été inventé à San-Antonio. Et au départ il s'agissait probablement
d'un vague ragoût de viande cuite avec beaucoup de piments rouges séchés
(pour masquer la mauvaise qualité et la rareté de la viande?) et vendu à bas
prix par les "chilis queens" (d'origines hispaniques), principalement
sur la "Military
Plaza". Ces stands à chili ont été fermés dans les années
1930 pour des raisons d'hygiène. Et maintenant manger un bon chili con carne à
San Antonio relève de la gageure!
Une autre version est qu'il s'agissait en fait de l'ordinaire des prisonniers
texans au 19ème siècle qui y devenaient "accro" et qui une fois
libérés (enfin ceux que l'on n'avait pas exécutés ;-) ) tentaient de reproduire
la recette.
Quoi qu'il en soit, il parait qu'au Texas il y a trois choses qui fâchent: la
politique, la religion et le chili con carne!!
Avec tel ou tel piment- porc, bœuf ou gibier? -viande hachée ou viande en tout
petits dés? -haricot ou pas? -si haricot, "pinto beans" ou haricots
rouges?
Chaque famille prétend détenir la "vraie" recette...et pour
départager toutes ces recettes se déroule chaque année à Terlingua le Championnat International du Chili. En suivant les liens de leur site vous pourrez
trouver des dizaines de versions "championnes" et bien sûr forcément
authentiques! L'une d'elle sera peut-être la bonne pour vous.
Nous, nous avons enfin trouvé celle qui nous satisfait totalement. Et
nous l'avons découverte à Whole Food
Market. Il y a quelques semaines en effet, ce magasin a organisé un
concours de chili. Nous avons donc gouté une bonne dizaine de chilis, du
traditionnel au végétarien en passant par le chili aux fruits de mer (pas
terrible à mon avis). Comme ils distribuaient gentiment les recettes, nous
avons refait celui qui nous avait le plus plu (et qui d'ailleurs a été le grand
gagnant). Nous l'avons bien sûr un peu amélioré, notamment par l'ajout
de haricots. Car pour nous les haricots sont tout à fait indispensables, et
tant pis si en disant cela je me fâche avec un bon tiers des Texans (de toute
façon j’attends encore qu'un vrai texan me lise!). Et pour faire bonne mesure nous mettons
haricots rouges et "pinto beans", comme ça pas de jaloux !
Il faut aussi que je précise que chez nous
le chili est une affaire d'homme: je ne suis autorisée qu'à hacher les
ingrédients et à préparer les accompagnements et je n'ai pas intérêt à mettre
un orteil dans la cuisine pendant que Monsieur cuisine!
Ingrédients
pour 6 gros gourmands (ou 8 petits mangeurs!)
400 g de bœuf haché
400 g de porc haché
400 g d'agneau haché
1 gros oignon émincé
2 gousses d'ail hachées
1 poivron vert coupé en dés
2 piments jalapeños hachés menus (vous pouvez ôter les graines si vous le
souhaitez)
1 grosse boite (900 g) de sauce tomate
1 petite boite (425 g) de tomates en dés 1 petite boite (425 g) de haricots rouges 1 petite boite (425
g) de « pinto beans »
2 piments chipotle coupés en très petits morceaux
3 cuillers à soupe de poudre a chili
2 cuillers à soupe de cumin
1 cuiller à café de Tabasco
1 canette de bière Guinness
huile sel (à volonté)
Dans une grande cocotte faire chauffer 3 cuillers à soupe d'huile. Y faire
revenir les viandes. Oter la graisse puis ajouter l'oignon, le poivron, les piments
jalapeños et l'ail. Laisser cuire à feu moyen jusqu'à ce que les légumes soient
tendres. Ajouter alors le piment chipotle, le cumin, le sel, la poudre à chili et le
Tabasco, la bière, les haricots égouttés et le contenu des boites de tomates. Bien
mélanger et laisser mijoter à feu doux pendant au moins 2h30.
Il est intéressant de noter qu'aux Etats-Unis le chili con carne se sert généralement
dans des bols, un peu comme une soupe, saupoudré de fromage râpé et sans autre accompagnement.
Ca ne nous plait pas trop. Nous le préférons dans des assiettes, sans fromage, avec du riz et surtout des patates douces cuites à la vapeur! Mais vous
faites comme vous voulez...
( Et ce n'est pas
la peine de me dire que ma photo est "guacala" ou "beurk", j'ai de toute façon
rarement vu des photos de chili con carne appétissantes! Mais qu'est-ce que
c'était bon...)
Cette semaine
nous avons reçu ce papier de l'école nous indiquant qu'un (e?) délinquant(e)
sexuel(le) cherchait à s'installer à proximité et que si nous voulions en
savoir plus, nous pouvions nous rendre sur le site de la Police de Plano (je ne
donne pas le lien, vous êtes assez grands pour le trouver tous seuls si le cœur
vous en dit).
Vous noterez au
passage que dans le message envoyé par l'intermédiaire des enfants il n'y a pas
le terme "sex offender" mais "offender" tout court, ce qui,
soit dit en passant, m'a permis d'écourter les explications que mes enfants
n'ont pas manqué de me réclamer!
Bien sûr, nous sommes allés voir sur le site en question de quoi il retournait.
Et là nous sommes tombés sur des listes entières, avec photo, adresse, date de
naissance, crime, condamnation etc. de tous les "sex offenders" du
coin.
Je savais qu'un tel fichage existait mais j'avoue que je n'avais pas vraiment
d'opinion sur la question. Maintenant j'en ai une : je suis CONTRE!
Je trouve ça indécent d'exposer ainsi des gens qui, a priori, ont été condamnés
et ont purgé leur peine. Si on les considère toujours dangereux, il ne
fallait pas les relâcher, surtout pas en liberté conditionnelle. Je me demande même
comment ils trouvent du boulot ou un logement maintenant. Certains sont jeunes,
n'ont été condamnés que pour exhibition. Ils ont peut-être le droit de tenter
de refaire leur vie, non?
Ensuite, ça donne un faux sentiment de sécurité. Bon d'accord on est au courant,
et alors?
Je n'ai pas passé beaucoup de temps sur ce site et je serais donc totalement
incapable de reconnaitre un seul d'entre eux s'il m'adressait la parole! Mais
je ne vois pas étudier leur tronche pendant des heures non plus! Si on veut
vraiment que le système soit efficace on n'a qu'à leur faire porter une étoile
jaune... (ah non merde, l'idée a déjà été utilisée!!!!!).
Qu'on fasse de la prévention auprès des enfants et des parents, je veux bien. Que
les "sex offenders" soient fichés et "surveillés" par la
police, ça peut se discuter, que les écoles avertissent les parents, à la limite. Mais que
l'accès à ces dossiers soit publique je trouve que c'est vraiment aller trop
loin. A quand le porte-à-porte, comme doit le faire Jesus dans l'excellent film des frères
Cohen "The big Lebowski"? (et par pitié ne me dites pas que ça
existe vraiment!)
Pour ceux qui
vivent dans un pays de langue anglaise, je ne sais pas si vous avez remarqué le
manque total d'imagination de cet idiome en ce qui concerne les baies: toutes
sont soit des "berries" soit des "currants". Mais une fois
sortis des grands classiques (strawberries-fraises, raspberries-framboises,
blueberries-myrtilles) et des "non-traduits"
(cranberries-canneberges), ce n'est pas toujours facile de s'y retrouver au
rayon confiture!
C'est donc armée de tout mon courage, de mon dictionnaire (qui présente, il
faut bien l'avouer, de grosses lacunes sur le sujet) et surtout d'un bon moteur
de recherche que je me propose de déblayer le terrain. Et si ça n'intéresse
personne, tant pis, au moins les choses seront plus claires pour moi!
Commençons par les "currants" moins nombreuses:
Les "currants" sont les groseilles. Il y a donc comme en français les
"white currants" et les
"red currants",
les groseilles rouges et blanches. J’ai trouvé aussi mentionné les "pink
currants" que je n'ai pas retrouvées en français. Je considérerai donc que
c'est une variété hybride des deux précédentes et si c'est pas ça, c'est
pareil!
Mais ne croyez surtout pas que les "dried currants" sont des
groseilles séchées; ça serait beaucoup trop simple! Il s'agit en fait d'un genre de raisins secs! Mais ne nous égarons pas...
Car il nous reste encore les "black currants" ou cassis dans la langue de Bossuet (qui est, comme le cassis et la moutarde, de Dijon!). De toute façon on
en trouve très peu aux Etats-Unis (du cassis). Et je vais même vous dire
pourquoi: les plantations de cassis étaient depuis le début du XXème siècle et
jusqu'à très récemment interdites dans plusieurs états du Nord-est des
Etats-Unis car les cassissiers peuvent être porteurs d'un champignon qui
s'attaque aux pins. Ce ban est totalement levé maintenant, et le cassis
fait une timide réapparition.
Et les groseilles à maquereau me direz-vous! Et bien les groseilles à maquereau
font, linguistiquement parlant, partie des "berries"! Ce sont en
effet des "gooseberries" (le maquereau est devenu oie!). J'ai
quand même l'impression que c'est un fruit beaucoup plus répandu et apprécié en
Grande-Bretagne qu'ici. Mais je crois bien que le ban sur les cassissiers
s'appliquait aussi à toutes les groseilles.
Nous voila donc partis sur les "berries"...
Je ne reviendrai pas sur les fraises, framboises, myrtilles et canneberges! Mais
il nous reste quand même les "lingonberries" ou "cowberries" , en fait des airelles, les "blackberries" qui sont les mûres de chemins, les "boysenberries" hybrides de mûres, de framboises et de "loganberries" elles même issues d'un croisement entre mûres et framboises!
Nous avons aussi les "mulberries", ou mûres du murier, celui des vers à soie. (Je
garde d'ailleurs un souvenir très précis des mûres que nous avions mangées dans
la cour d'un monastère orthodoxe au fin fond de je sais plus qu'elle province
de l'Ex-Yougoslavie).
Voilà pour les plus currants pardon courantes! Si vous voulez corser l'exercice,
il y a une liste (que je soupçonne d'être incomplète) chez
Wikipedia.
Il est impossible que vous n'ayez pas entendu
parler de cette histoire de proviseur révoqué de l'Education Nationale à cause
de son blog (et accessoirement de son homosexualité?).
Les articles abondent dans la presse et bien sûr sur les blogs.
Si vous ne deviez en lire qu'un, n'hésitez pas plus longtemps: c'est chez Maitre Eolas qu'il
faut vous rendre.
Je sais bien
qu'il n'y a pas de sots métiers (encore que...) et qu'il n'y a donc pas de sottes études
menant à ces métiers mais franchement je n'aurais jamais pensé qu'un tel institut puisse exister! Il parait que c'est l'une des écoles les
plus cotées dans cette branche et que les élèves viennent de tous les
Etats-Unis... La série "Six Feet Under..." aurait-elle suscité des vocations?
En fait, d'après la personne que je connais dont la fille étudie au Dallas
Institute of Funeral Services, beaucoup viennent de famille d'entrepreneurs de
pompes funèbres. Et comme ce ne sont pas les études les plus cools pour draguer
(c'est sûr que ca doit un peu refroidir : "Oh moi je suis étudiant en pompes
funèbres, j'étudie l'embaumement, l’incinération, la qualité du
granite...") beaucoup des étudiants se marient entre eux.
Des dynasties! Qui
après s'offrent de larges posters de publicité a l'entrée des villes où
on voit Monsieur et Madame tout de noir vêtus, souriants mais pas trop,
vanter la qualité de leurs services (je n'invente rien, j'ai déjà vu de telles publicités
et ça m'avait choquée. La prochaine fois j'essaye de prendre une photo). Remarquez,
en France aussi maintenant, avec notre population vieillissante, les Pompes Funèbres
Générales peuvent s'offrir du temps d'antenne!
Réflexion faite, c'est dans un sens rassurant de penser qu'une telle
profession est règlementée et qu'on (enfin la famille!) a affaire à des professionnels. Et en plus c'est une carrière qui a de l'avenir!
Pendant que nous
nous la coulions douce en France, notre pauvre chienne, elle, s'ennuyait ferme
dans sa garderie.
Enfin peut-être pas tant que ça si j'en crois sa "report card"...
Les propriétaires de cette garderie (que par ailleurs je recommande chaudement) étant anglais, je me demande si le commentaire exact est "so british " ou "so american". Mais c'est sûr que ce n'est certainement pas "so french"...
Et je précise que
pour le prix (digne quand même d'un hôtel de basse catégorie!) on nous la
rendue non seulement photographiée mais aussi lavée, parfumée, manucurée et bandana-isée. Même son couchage était propre.
Bon ça ne l'a pas
empêchée de nous faire la gueule pendant deux jours, mais c'était peut-être
parce qu'elle aurait préféré rester avec ses copains ;-)
Comme chaque fois
que je rentre en France depuis que je vis dans le "Nouveau Monde",
j'ai été surprise par la différence de taille. A croire que la France n'est pas
à la même échelle que les Etats-Unis (ou, dans une moindre mesure, le Mexique).
Tout me parait ridiculement petit: des petites voitures circulant sur des
petites routes (les autoroutes ne sont pas plus larges que les rues principales
de Plano) et réussissant par on ne sait quel miracle (du nom de créneau?) à se
garer dans des places minuscules. Des petites maisons avec des petites chambres
"surmeublées", des salles de bains riquiqui et des cuisines de
poupées. Dans ces cuisines des fours tout petits et des plaques de cuissons pas
plus grandes côtoient des réfrigérateurs petit format dans lesquels aucune
bouteille de plus d'un ridicule litre et demi ne rentre mais où il y a de vrais
"petits-suisses". Des petits verres (pour ne pas terminer trop vite
les petites bouteilles?) accompagnent des petites portions dans les restaurants,
mais à petits prix! Tout cela permettant de garder une taille fine! Il y a bien les grandes surfaces avec leurs parkings aux places
ridiculement étroites avec un très grand choix (surtout au rayon laitages),
mais avec des petites allées où circulent de petits chariots. Et la note n'est
finalement pas si petite que ça à cause notamment d’une grosse TVA. Et je ne
parle même pas du prix élevé de l’essence, qui explique presqu’à lui seul les
petites voitures roulant sur les petites routes!
Des petites surfaces habitables, mais des gros loyers et des prix de
l'immobilier faramineux...
Etcomble de malchance le Train à Grande Vitesse
a du, pour cause de chutes de neige abondantes, circuler à petite vitesse le
jour où nous l’avons pris !
Bien sûr j’ai apprécié les petites (et rares !)
coupures publicitaires pendant les films ainsi que les petits mais délicieux cafés et les pizzas à pâte fine…
Finalement je me demande si en France, la grandeur n'est pas que figurée: la grande cuisine, les grands
restaurants et les grands crus, la haute couture, les grandes écoles...
Petit, petit, petit Tout est mini dans notre vie... (Jacques Dutronc)
C'est avec pas mal de retard et un manque total d'originalité que je présente à tous mes lecteurs (s'il en reste après ces deux semaines de silence!) mes
meilleursvoeuxpourcettenouvelleannée.
Quant aux bloggeurs que je lis habituellement (ils se reconnaitront et d'ailleurs ça me fait penser qu'il faut que je mette sérieusement ma blog list à jour), qu'ils sachent bien que si je n'ai pas répondu à leurs voeux sur leurs blogs, c'est juste faute de temps. Et je leur souhaite donc ici