C'est vraiment
trop dure la vie d'une préado. Je ne m'en souvenais pas mais franchement je me
demande comment j'ai fait (et mes parents...) pour survivre.
Vous ne vous en rendez sûrement plus compte (ou alors pas encore...) mais il
faut être cooooooool.
Personne ne sait exactement ce qu'est la "coolitude". C'est une notion mal définie et pour le moins fluctuante. Mais selon C. elle comporte 4 degrés: les "super-cools", les "cools", les normaux (ou "pas-cools") et les "super-pas-cools" (encore appelés ici "rechas" j'imagine
de "rechazar": repousser, rejeter...).
- Les "super-cools" c'est bien simple ce sont ceux dont les parents, pour une raison
ou pour une autre, les laissent faire absolument tout ce qui leur plait. Ce sont dans
leur grande majorité des garçons . En général (mais C. connait au moins une exception) ce
sont des cancres.
-Les "cools" ont une certaine aura sans cependant bénéficier des
libertés accordées aux "super-cools".
-Les "pas-cools" sont ceux qui voudraient bien mais n'y arrivent pas. Ils sont les plus nombreux. Le troupeau quoi ;-)
-Les "rechas": pas la peine de s'y attarder, leur cas est désespéré...Ils sont mal fringués, sortent peu etc.
Ma fille, après enquêtes auprès de ses copains (et même auprès de ses ennemies
qui sont, sur ce sujet, de bien meilleures conseillères) fait partie, à son
grand dam, des "pas-cool". Elle évite les "rechas", c'est déjà ça. Mais elle
aimerait bien (on la comprend) passer dans les "cools". Elle est lucide elle sait
que le groupe des "super-cools" est hors d'atteinte...rien que par le fait
que je ne la laisserai jamais chatter jusqu'à 11 heures du soir!
Mais il ne faut pas croire qu'on change de statut comme ça du jour au
lendemain sauf cas exceptionnel (T. est ainsi passé, après la mort de sa mère,
de "pas-cool" à "super-cool" en moins d'une semaine mais bon, si on peut on va éviter....).
Déjà il faut bien choisir ses copains. La meilleure amie de C. étant "pas-cool"
aussi (mais d'après C. c'est volontaire, elle refuse d'être cool, ce que ma fille ne comprend pas) ça ne l'aide pas. Heureusement pour C., elle est aussi très
copine avec une "super-cool" ce qui, sans doute, lui
a évité l'infâme R de "recha"...Curieusement elle pense que son statut de
"francesita" n'a pas beaucoup d'influence alors que pour son frère il fait tout. Ah
oui parce que le grand malheur de C. est que son frère lui est coooooool, voire
même "super-coooool" auprès de ces dames. Mais bon comme elle dit la "coolitude" en
segundo ça n'a rien à voir. Et comme en plus la "coolitude" de son frangin ne
lui rejaillit pas dessus....
Je sens que vous allez me poser la question, comme je lui ai demandé: "A quoi ça sert d'être cool?"
Si j'ai bien compris, mais je suis sûre que ce n'est pas le cas, à pas grand chose!
A être
invitée à des fiestas cools (elle est allée à la plus cool des fiestas de l'année!),
à aller au cinéma avec des gens "cools" (d'accord la dernière fois c'était avec
des "rechas" mais finalement ça ne change rien à la qualité du film...) et surtout à être au courant de toutes les rumeurs et de tous les ragots.... Rigoureusement inutile donc totalement indispensable, of course.Vous me
direz que c'est normal que je ne comprenne rien parce que moi j'étais "super-pas-cool" à son âge (mais je me suis coolisée avec le temps ! )
Pour l'instant sa "non-coolitude" la perturbe un peu mais sans plus. Elle m'a dit
qu'elle allait tenter d'améliorer ça Déjà elle a dépensé tout son argent de poche en fringues cools et
a réussi à obtenir un téléphone portable pour Noel...Si avec ça elle ne change pas d'échelon d'ici la fin de l’année! ;-)
Et puis il y a toujours la solution extrême: dégotter un boy-friend "super-cool". Mais quelque chose me dit que là, c'est son père qui ne va plus l'être, cool...
PS: Je précise que ce billet a reçu l'imprimatur de ma fille. C'est pas cool, ça?

